Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
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Danielle Bajomée
Danielle Bajomée / Photo ©  Jean-Luc Lossignol, ARLLFB Membre belge philologue
Élue le 12 juin 2004
Prédécesseur : André Vandegans
Fauteuil 2
BIOGRAPHIE

Une enfance, une adolescence en Allemagne, où le père, militaire antimilitariste, est caserné au sein des forces belges d'occupation. Les études de philologie romane à Liège, ponctuées, en 1965, par un mémoire sur Jules Laforgue, qui vaut à Danielle Bajomée d'être recrutée aussitôt par André Vandegans, qui l'affecte à l'étude du Nouveau Roman. Suivent, à Paris, sept mois d'études des archives des éditions de Minuit, alternant avec des cours suivis à l' École Pratique des Hautes Études. Le champ d'investigation est identifié, il se développera.

Danielle Bajomée est enseignante et chercheuse. Des responsabilités d'organisation vont lui être dévolues à l'Université de Liège : vice-présidente de la Section de Philologie romane, directrice du Centre Georges Simenon, création du Département d'information et de communication. Ses cours ne vont pas se limiter à l'institution principautaire : elle a également enseigné à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à celle de Sfax, à celle d'El Jadida au Maroc, où elle a fondé le Groupe de Recherches sur l'Interculturalité. Ses prises de parole ne se cantonnent pas aux cadres universitaires : elles peuvent aussi avoir pour cadre le Palais des Beaux-Arts ou le Théâtre Poème à Bruxelles, le Théâtre de l'Étuve ou le Palais des Congrès de Liège, l'Université du Travail à Charleroi…

Ces activités n'ont pas l'air d'affecter ou d'entraver le travail de recherche et d'écriture. Dès le premier livre, Duras ou la douleur, s'imposent une grande pénétration du texte, et une égale élégance dans l'expression de celle-ci. Il s'agit déjà de «Penser le féminin», comme Claire Lejeune l'y a invitée en vue d'un dossier des Cahiers du Symbolisme. Ou comme le fait inlassablement Françoise Collin, fondatrice du Groupe de recherche et d'information féministes, à qui Danielle Bajomée a contribué à faire attribuer le Prix Francqui 2004-2005.

Pierre Mertens est également un de ses sujets d'investigation : en résulte le vaste ensemble critique choral appelé Pierre Mertens l'arpenteur, où Bajomée inscrit sa lecture de l'œuvre en y détectant le sentiment du «désastre au cœur de l'être». Quant à Georges Simenon, qu'elle a été invitée à étudier de plus près en raison de ses responsabilités, elle lui a consacré, sous couvert de catalogue de l'exposition organisée en raison de son année jubilaire, un essai particulièrement éclairant, Simenon, une légende du XXe siècle.

Cette vaste curiosité littéraire, qui alimente une dizaine d'ouvrages individuels ou collectifs, une quarantaine d'articles, une soixantaine de participations à des colloques de par le monde, se caractérise par une approche à la fois rigoureuse et personnelle, où l'affect intervient, mais jamais au prix de 'analyse et de la démystification. Une émotion propulse cet effort et cette pensée, mais elle est construite sur une objectivation de situations diverses, économiques, sociales, sexuelles, dont le constat peut arracher des larmes sans empêcher de susciter la révolte et entraîner au combat. «Ce qui dominera toujours, et ça nous fait pleurer», a écrit Duras citée par Daniel Droixhe dans son discours de réception de Danielle Bajomée, «c'est l'enfer et l'injustice du monde du travail. (…) Et si on ne pleure pas là-dessus une seule fois dans sa vie on ne pleure sur rien».

La sensibilité à ces réalités inadmissibles explique aussi l'intérêt très particulier de Bajomée pour le cinéma. Engagée dans Wallonie-Image-Productions, elle a commenté le cinéma de Raymond Depardon, ou celui des frères Dardenne où elle constate «une dégradation absolue de toute pensée communautaire», mais néanmoins l'hypothèse d'«une forme d'assomption de soi-même».



BIBLIOGRAPHIE

Écrire dit-elle : imaginaires de Marguerite Duras, Danielle Bajomée et Ralph Heyndels (éds.), Bruxelles, Éd. de l'Université de Bruxelles, 1985.

Duras ou la Douleur, Bruxelles/ParisDe Boeck-Wesmael/Éd. universitaires, coll. «Culture & communication. Série Littérature», 1989; rééd. Louvain-la-Neuve, Duculot, 1999.

Pierre Mertens l'arpenteur, Loverval, Labor, 1989

Pierre Mertens : la littérature malgré tout, Danielle Bajomée et Benoit Denis (dir.), Paris, Complexe, 1998.

Simenon : une légende du XXe siècle, avec la collaboration de Dick Tomasovic, Bruxelles, La Renaissance du livre, coll. «Les beaux livres du patrimoine», 2003.

Le roman de Simenon : pedigree : entre réalité et fiction, Jean-Louis Dumortier (dir.), Bruxelles, La Renaissance du livre, coll. «Paroles d'aube», 2003.

Femmes et livres, Danielle Bajomée, Juliette Dor et Marie-Elisabeth Henneau (dir.), Paris, L'Harmattan, coll. «Des idées et des femmes», 2007.



E-BIBLIOTHÈQUE




DISCOURS DE RÉCEPTION (séance publique du 25 février 2006)

Discours de Daniel Droixhe (PDF 82Ko)

Discours de Danielle Bajomée (PDF 90Ko)