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Gabriele D'Annunzio

Gabriele d'Annunzio / Photo © Manuel (Paris) Membre étranger littéraire du 4 juin 1921 au 1er mars 1938.
Successeur : Chéou-Kang Sié
Fauteuil 32
BIOGRAPHIE

Gabriele D'Annunzio naît le 12 mars 1863 à Pescara, et non, comme il se plut à le dire lui-même, sur un brigantin au large de l'Adriatique. Ses ennemis – et ils furent nombreux – lui contestèrent son nom, en l'appelant Rapagnetta. En réalité, son père, petit bourgeois impécunieux, avait porté ce patronyme mais il avait été adopté, à l'âge de treize ans par un oncle, D'Annunzio, qui lui légua, avec son immense fortune, son nom.

Quel fut l'hériter de ce patrimoine? Un biographe a dit que «ce ne fut pas une vie, la sienne, mais dix vies qui se recoupent; il semble qu'il n'ait pas une âme mais dix, souvent discordantes». En effet, la vie mouvementée de l'écrivain nous le montre sous une série d'aspects, pas toujours discordants mais souvent simultanés. Le poète, qu'il soit écrivain en vers, ou romancier, ou orateur, ou encore, homme de théâtre, apparaît toujours dans l'immense musicalité de son expression.

Il fait ses études primaires avec des instituteurs privés ; puis son père l'envoie, enivré par son nouvel état, au collège «de la noblesse», le célèbre Cicogini de Prato : il y est un élève brillant, au point de sauter sa quita ginnasio, pour entre avec éclat dans les classes liceali. Le brillant étudiant se montre garnement indiscipliné, même s'il faut, une fois de plus, prendre avec réserve le récit des canulars qu'il s'attribue. Ce qu'il faut, au contraire, prendre en compte, c'est la précocité de son inspiration poétique.

À la rentrée de 1878, Gabriele s'est, comme la plupart de ses contemporains, enflammé pour les Odi barbare de Giosué Carducci, auquel il fait part de son admiration : elle devait marquer ses propres débuts littéraires. Il a à peine seize ans lorsque son père publie, à ses frais, Primo vere (décembre 1879), qui est accueilli avec ferveur par la critique (notamment Giuseppe Chiarini) et connaît une deuxième édition remaniée, dès l'année suivante. Ainsi se dessine d'emblée la destinée future du jeune homme. Retourné à Prato, pour y terminer ses études, il connaît son premier «grand amour», Giselda Zucconi, qui sera l'inspiratrice du deuxième recueil : Canto novo (1888) où l'influence carduccienne se délite. Si le thème de la sensualité prédomine, on trouve aussi, au dire de l'auteur lui-même, des décharges de socialisme féroce. En cette même année 1888, Sommaruga accueille le premier volume de prose : Terra vergine.

Ayant obtenu, à l'été 1881, la licenza liceale d'onore il passe ses vacances à Pescara et à Francavilla, auprès de son mi, le peintre Micchetti : là se dessine le cours ultérieur de son existence. Capitale du royaume depuis une dizaine d'années, Rome est devenue le lieu de toutes les activités. Inscrit à la Faculté des lettres, il suivra peu les cours (il ne passera jamais d'examens) pour se plonger dans une collaboration à divers périodiques; il se répand dans les salons, vivant, comme bien souvent par la suite, au-dessus de ses moyens. Il collabore aux principales revues, devient même directeur de la Cronaca bizantina d'Angelo Sommaruga. Il est désormais un écrivain important.
VMais avant de parler d'abondance de sa production, il faut évoquer la première de ses tentatives de théâtralité. En 1883, il séduit Maria Hardouin, duchesse de Gallese. Le duc refuse d'accepter cette relation. Pour vaincre cette opposition, Gabriele enlève la jeune fille le 28 juin 1883. Pour éviter le scandale d'une naissance illégitime, le père cède et le mariage est célébré un mois jour pour jour après la fuite. L'écrivain est le plus infidèle des maris : toutefois, après une série de péripéties, se noue entre les époux, qui continuent à se fréquenter, une réelle affection.

Désormais, D'Annunzio a atteint sa pleine maturité artistique. L'Intermezzo di rime (1883) est écrit sous l'influence des décadents français : il sera taxé d'immoralité par ceux-là mêmes qui l'avaient encensé naguère (Chiarini). Nous dirions plutôt que c'est un livre d'érotisme indiscret. Gabriele prend un place enviable parmi ses contemporains : ses œuvres vont se succéder avec une belle régularité. Elles touchent tous les genres : romns,a souvent tachés d'amoralisme, Il Piacere (1889), Giovanni Episcopo (1890), Le Vergini delle rocce (1896), Il Fuoco (1899), Forse che si, forse che no (1901). Ces œuvres en prose alternent avec de nombreux recueils de vers : Elegie romane, Poema paradisiaco, Le Laudi, Alcione, etc. Le théâtre s'infiltre dans une production abondante : La Giaconda, La Gloria, la dantesque Francesca da Rimini et la sulfureuse Figlia di lorio. Pour Ida Rubinstein, il écrit en français Le Martyre de saint Sébastien, dont Debussy compose la musique; Ildebrando Pizzetti fait de même pour La Pisanelle. Il faut mentionner encore les nouvelles, les discours, les essais.

De même, comment ne pas évoquer, en omettant les fantaisies amoureuses, une activité publique intense : la brève carrière parlementaire (1898-1900) qui le voit passer de l'extrême droite à l'extrême gauche, la fuite devant la hargne des créanciers et le séjour en France (notamment à Arcachon; 4 mars 1910 - 4 mai 1915) et la campagne en faveur de l'intervento, le discours de Quarto, lors de l'inauguration du Monument aux Mille, l'enrôlement comme lieutenant de réserve aux lanciers de Novare, l'affectation à la troisième armée du duc d'Aoste, les exploits : vols sur Trieste, la beffa de Buccari, le vol sur Vienne, la blessure qui lui fait perdre un œil et enfin la geste de Fiume.

Il est élu à l'Académie le 4 juin 1921, mais n'y prendra jamais séance; à la mort de Gugliemo Marconi, il accepte la présidence de la mussolinienne Accademia d'Italia dont il avait obstinément refusé d'être élu membre par acclamation. Il s'éteint à Gardonne, dans la somptueuse villa Il Vittoriale, le 1er mars 1938.



BIBLIOGRAPHIE

Le triomphe de la mort (1894)

L'enfant de volupté (1889)

Les vierges aux rochers (1899)

Le feu (1900)

Francesca da Rimini (1901)

La fille de Jorio (1904)

Louanges du ciel, de la terre et des héros (1904)

Phèdre (1909)

Forse che si, forse che no (1910)

Le martyre de Saint-Sébastien (écrit en français) (1911)

La Pisanelle (écrit en français) (1913)

Nocturne (1916)