Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
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Paul Delsemme

Paul Delsemme / Photo © Jean-Luc Lossignol, ARLLFB Membre belge philologue du 10 janvier 1998 au 26 juin 2008.
Prédécesseur : Louis Remacle
Successeur : Jacques Charles Lemaire
Fauteuil 7
BIOGRAPHIE

Paul Delsemme a vingt-sept ans, en 1940, lorsqu'il entreprend ses études à l'Université de Bruxelles. Son père, fait prisonnier en 1914, avait, sur recommandation de la Croix Rouge internationale, été soigné d'une affection pulmonaire en Suisse. Après la guerre, il se réinstalle avec sa petite famille dans le Jura français. C'est là qu'en 1919, Paul entame sa scolarité. Mais son père meurt, et le revoilà à Bruxelles, avec sa mère veuve. Il ne peut poursuivre ses études après le cycle secondaire accompli à l'athénée de Schaerbeek, et entre à l' administration communale en tant que commis de direction.

Il entame donc sa philologie romane tout en s'acquittant de ses obligations professionnelles. Et en 1946, le voilà professeur à l'athénée qui l'a formé. Il y sera un enseignant exceptionnel, excellent pédagogue, mais aussi éveilleur de vocations littéraires et artistiques, dans cet établissement où professe également le futur cinéaste André Delvaux : Frédéric Baal, Albert-André Lheureux, Jacques De Decker, Alain Berenboom comptent parmi les élèves dont il encouragera la vocation.

En 1964, il devient professeur à l'ULB, ainsi que bibliothécaire en chef de l'institution. Il était déjà l'auteur, à l'époque, d'une anthologie des textes de George Garnir, ainsi que de l'étude Un théoricien du symbolisme : Charles Morice, refonte de son mémoire de licence. Il y révélait l'importance de ce critique français, vivant à Bruxelles à la fin du dix-neuvième siècle, et garant des liens étroits entre le symbolisme français et belge. Il avait publié en 1899 La littérature de tout à l'heure, et avait été attiré par la capitale de l' «art nouveau» et du groupe des XX : il y écrirait L'esprit belge, y fréquenterait les frères Reclus et y ferait de nombreuses conférences.

Sa thèse de doctorat, Delsemme la consacre à une autre figure marginale du symbolisme : Teodor de Wyzewa. Son origine slave le rendait particulièrement réceptif aux littératures étrangères. Il y consacra une vaste somme d'articles, tout en étant un défenseur de Wagner, un révélateur de Nietzsche et, selon Delsemme, une éminence grise du symbolisme. Sans parler de son rôle d'introducteur en francophonie des littératures polonaise et russe.

Paul Delsemme s'est évidemment attaché aux écrivains belges du tournant de siècle, et en particulier au style «coruscant» utilisé par nombre d'entre eux, pour constater qu'il s'agissait d'une variante de l' «écriture artiste» et d'une «sursanguinité» répandue dans maintes littératures du temps, en réaction aux morosités de l'esthétique décadente. Autre figure de l'époque à laquelle Delsemme s'est attaché : Léon Cladel, praticien de ce style, encouragé en ce sens par Baudelaire, et qui du fait de son écriture très travaillée n'atteignit pas le public de son Querçy natal qui cependant peuplait ses livres. Il eut une importante audience en Belgique, où il trouva même en Henry Kistemaekers un éditeur des plus attentifs.

Grand amateur de théâtre, Paul Delsemme a enseigné son histoire et son esthétique à l'ULB, ce qu'il a synthétisé en son étude L'œuvre dramatique, sa structure et sa représentation, qui n'est qu'un aspect de ses nombreux travaux portant sur l'art dramatique.

La plus récente publication de Delsemme est un monumental panorama consacré aux écrivains belges des deux communautés dans leurs relations avec la franc-maçonnerie. Recherche encyclopédique qui porte un regard neuf sur tout un pan de la littérature belge, elle allie à un grand souci d'exhaustivité une attention précise portée à chaque auteur.

Paul Delsemme est décédé le 26 juin 2008.



BIBLIOGRAPHIE

George Garnir. Les meilleures pages présentées par Paul Delsemme, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1956 (collection anthologique des prosateurs belges).

Un théoricien du Symbolisme, Charles Morice, Paris, Nizet, 1958.

Teodor de Wyzewa et le Cosmopolitisme littéraire en France à l'époque du Symbolisme, Bruxelles, Presses universitaires de Bruxelles, deux volumes, 1967.

L'œuvre dramatique, sa structure et sa représentation, Bruxelles, Presses universitaires de Bruxelles, 1979 (réédition 1983).

Les grands courants de la littérature européenne et les écrivains belges de langue française, Bruxelles, Émile Van Balberghe Libraire et Bibliothèques de l'Université libre de Bruxelles, 1995.

Les écrivains francs-maçons de Belgique, Bruxelles, Bibliothèques de l'Université libre de Bruxelles, 2004.



E-BIBLIOTHÈQUE

Rendre justice à James Vandrunen (PDF 100Ko)
Communication à la séance mensuelle du 11 décembre 1999

Théodore Hannon, poète moderniste (PDF 140Ko)
Communication à la séance mensuelle du 4 novembre 2000

Une amitié littéraire : Albert Mockel et George Garnir (PDF 270Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 novembre 2001

La Bataille littéraire (1919-1924) ou aspirations et déceptions d'un après-guerre (PDF 148Ko)
Communication à la séance mensuelle du 8 novembre 2003

Littérature et cinéma : Denis Marion (PDF 129Ko)
Communication à la séance mensuelle du 11 mars 2006