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Prix Henri Cornélus 2006

Naïm Kattan

Lauréat :

Naïm Kattan pour l'ensemble de son œuvre de nouvelliste.

Jury :

Claudine Gothot-Mersch, Pierre Mertens et Guy Vaes.

Extrait de l'argumentaire du jury :

Naïm Kattan est un écrivain universel à plus d'un titre. Tout d'abord, il est né à Bagdad en 1928, a fait ses études à Paris, pour émigrer au Canada, où il exerce bientôt de hautes fonctions au Conseil des Arts. Il y enseigne toujours, tant à l'Université Laval à Québec qu'à l'Université du Québec à Montréal. Par son œuvre ensuite, qui comporte plus d'une trentaine de titres, qui sont soit des livres de souvenirs, de réflexion ou de fiction. Parmi les premiers, son admirable Adieu Babylone est traduit dans l'innombrables langues et obtient actuellement un écho retentissant dans en Grande Bretagne et aux États-Unis. Ses ouvrages que l'on pourrait qualifier de philosophique, tels que Le réel et le théâtral, Le désir et le pouvoir, Le repos et l'oubli sont devenus des classiques.

Mais c'est très précisément son œuvre de nouvelliste que le jury a tenu à saluer. Une dizaine de recueils, que l'on rêve de voir un jour concentrés en un seul volume ample et compact, permettent de considérer Kattan comme un maître du genre. Certes, ces textes entretiennent des relations étroites avec le reste de son œuvre. On sent à quel point sa vaste expérience humaine, ses innombrables voyages, ses contacts si multiples ont pu en inspirer les thèmes. Ils sont aussi empreints de son incessante méditation humaniste sur la subjectivité de ses semblables, sur leur manière de penser, d'agir et de ressentir.

Mais ce que ces centaines de nouvelles apportent de particulier également, et qui fait de Kattan un des grands maîtres du genre, c'est un regard très personnel sur la condition humaine, qu'il observe par le menu, se laissant émouvoir par des gestes fugaces, des attitudes imperceptibles dont il excelle à détecter les messages. Son regard généreux et compassionnel, complice et lucide, incroyablement disponible et proche, que l'on trouve dans ces très beaux livres que sont La Traversée ou La Distraction, Le Sable de l'île ou Le Silence des adieux, tant d'autres encore, autorisent à le tenir pour l'un des meilleurs praticiens de la fiction brève, à l'égal d'un Tchekhov ou d'un Carver, tout en étant surtout lui-même, un écrivain aux valences multiples, un vrai cosmopolite, un talent de toutes les longitudes.