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Prix Verdickt-Rijdams 2008

Jean-Louis Michaux

Lauréat :

Jean-Louis Michaux pour son essai L'énigme Schubert. Le mal qui ne pouvait dire son nom (inédit).

Jury :

Jacques De Decker, Roland Mortier, Georges Thinès.

Extrait de l'argumentaire du jury :

Le professeur Michaux n'en est pas à son coup d'essai. Rien ne le requiert plus que la maladie telle que le musicien l'éprouve. Parce que le champ d'observation est dès plus fécond. Il ne se peut pas que le mal, dans un art aussi sensitif que la musique, n'y trouve son écho, sa modulation.

Cette focalisation, Jean-Louis Michaux l'a déjà cultivée à propos de Beethoven, de Bartok, de Mozart. Voici que la même méthode, il s'en sert à propos de Schubert. On a envie de dire : enfin. C'est que la maladie, dans le cas du compositeur de La jeune fille et la mort, a une dimension particulièrement tragique parce qu'elle est liée à l'amour et au secret, à la honte de la contamination. C'est la raison pour laquelle l'auteur s'attache beaucoup à la personnalité du malade, et développe à son propos une analyse biographique des plus scrupuleuses.

Il ressort de ce livre — qui doit encore paraître — un portrait très émouvant du compositeur, très précocement doué, d'un rare accomplissement dans son art — supériorité dont il ne manifestait pas la conscience, d'ailleurs —, et d'une désarmante maladresse dans la vie. En tant que médecin, l'auteur montre combien les remèdes de l'époque (le mercure, notamment) étaient pour ainsi dire sans effets, rendant la maladie plus pénible et fatale.

Mais Schubert, précoce dans la mort aussi, sut tirer les meilleurs effets de son épreuve. La beauté déchirante de son œuvre, dont on ne mesura la pleine ampleur qu'après sa mort, doit beaucoup à ce sentiment d'impuissance, de malédiction de l'inachevé qui l'imprègne toute entière. De sorte qu'il se pourrait bien que le point de vue adopté par l'auteur soit, précisément à propos de Schubert, le plus pertinent qui soit.