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Colette et la Belgique
de Jeanne Augier

Jeanne Augier : Colette et la Belgique

Genre : Essai
Éditeur : En partenariat avec les Éditions Racine
Format : 15 x 23 cm
Nombre de pages : 272 p.
Date de publication : 2004
ISBN : 2-87386-383-8
Prix : 22,45 €
Préface de Jacques De Decker

À propos du livre

Colette et la Belgique : une longue histoire de proximité et d'amour. L'écrivain y fut fêté et honoré, bien sûr, jusqu'à entretenir une amitié faite de connivences avec la reine Élisabeth, et être élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle succéda à Anna de Noailles, et où Jean Cocteau, qui lui était si proche, la remplaça à son tour.

Ce livre nous révèle les antécédents de ces marques de prestige. Et ce que l'on découvre est étonnant. Son grand-père maternel, Henri Landoy, avait combattu à Waterloo. Sa mère, l'illustre Sido, vécut de longues années à Bruxelles et entretint sa fille des charmes de cette ville où elle avait grandi dans une «chocolaterie», située Longue rue Neuve. Ces souvenirs se trouveront un jour magnifiés dans La Maison de Claudine. Eugène, frère de Sido et oncle de Colette, exerça l'essentiel de son activité de chroniqueur, éditeur, critique d'art à Bruxelles, où il signait sous le nom de Bertram. Son autre oncle, Paul, fut directeur du casino d'Ostende! Lorsque Colette, en tant que comédienne et danseuse, vint se produire sur les scènes belges, à Bruxelles, à Liège, à Gand, notamment dans Pan, la pièce de Van Lerberghe, la Belgique lui était familière, puisqu'elle y avait étendu les frontières de sa patrie de cœur, la Bourgogne…

C'est tout cela, et bien davantage, que l'auteur nous conte dans cet ouvrage où l'acharnement de l'enquêteuse va de pair avec l'intuition de l'admiratrice complice.

À propos de l'auteur

Après un doctorat en droit, quelques activités dans la presse périodique et trois années au théâtre, Jeanne Augier est entrée à la RTBF où elle a rédigé, notamment, des scenarii pour l'émission «Visa pour le monde». Le Soir illustré et Le Soir magazine par la suite ont publié ses articles sur les Barrault-Renaud, Cocteau, Sarah Bernhardt, Balzac, Verdi, Evelyne Pollet et Céline, Hugo, Dumas, Zola, Yourcenar… et Colette, à l'occasion d'événements ponctuels.

Lire un extrait

Chapitre 1 : Le grand-père de Colette à Waterloo

Henri Marie Landoy, le grand-père maternel de Sidonie Gabrielle Colette, naît à Charleville, le 23 septembre 1792. La France a encore un roi vivant. Elle est devenue depuis deux jours une république. Son futur empereur vient d'être nommé, par Louis XVI, capitale d'artillerie.

Les Landoy viennent de la Champagne. Mais trois d'entre eux sont allés vivre et faire fortune en Martinique au dix-septième siècle quand les huguenots ont été persécutés.

En 1767, Robert, le père de Henri, s'est établi dans la ville de Rimbaud où transitaient les produits des Antilles. Le jeune homme, sans doute mulâtre, y a ouvert un important commerce d'épicerie, comprenant des denrées exotiques. Colette parlera d'une mer «qui amena, colorés de sang colonial, le cheveu frisé et l'ongle irisé de mauve comme un coquillage, les récolteurs de cacao» d'où sortit sa mère.

À vingt-trois ans, Henri est en garnison à Versailles. Il fait partie d'un corps d'armée d'élite : le 2e régiment de Chevau-légers Lanciers qui, depuis le retour d'exil de Napoléon, fait à nouveau partie de la «Garde impériale», sous le commandement du général Colbert.

Il est laid mais bien fait et entreprenant. L'uniforme des lanciers rouges lui va à ravir. En particulier, le czapka, coiffe d'inspiration polonaise comme son nom l'indique, typique avec son pavillon carré et cannelé, gainé de drap écarlate, orné d'un soleil rayonnant en laiton estompé, avec une plaque de cuivre argenté portant un grand N couronné. Le tout, surmonté d'un plumet blanc!

Il séduit Sophie Châtenay, la fille douce et délicate d'un maître horloger, née à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle. Plus tard, Colette gardera sur le coin de la cheminée le médaillon de cette «jeune dame à coiffure trilobée, une grosse coque en haut, une grappe de boucles, genre chipolatas, sur chaque tempe». Sophie étant enceinte, il l'épouse, le 29 avril.

La permission accordée pour ce mariage sera de courte durée. Le 6 juin, le régiment est envoyé à Soissons puis à Avesnes (200 kilomètres parcourus en six jours). Le quartier général est à Beaumont.

Le 15 juin, tandis que Napoléon passe la Sambre à Charleroi, le maréchal Ney envoie la cavalerie des Chevau-légers vers Frasnes près de Gosselies. Elle se heurte à l'infanterie Nassau. Le lendemain, faute d'effectifs suffisants, elle est obligée de se retirer. Le 17, après que l'empereur a défait les Prussiens à Ligny et atteint les Quatre-Bras, elle attaque, près de Thyl, la cavalerie anglaise. Les Life Guards du général Uxbridge la repoussent. Un violent orage éclate dans l'après-midi. Arrivant dans la plaine de Waterloo, les hommes ruisselant d'eau doivent bivouaquer dans les champs de seigle détrempés. Il pleut toute la nuit.

Le dimanche 18 juin, l'armée française en déploiement est impressionnante. Une unité en particulier attire l'attention par ses longues lances aux flammes rouges et blanches. Attaqué à 15h30 par la brigade anglaise de Ponsonby, le régiment remporte une victoire écrasante. Puis il reçoit l'ordre de se diriger vers la ferme de La Haye-Sainte. Curieusement, les dragons et grenadiers français croient soudain, à cause d'un mouvement de troupe, qu'il faut charger les lignes ennemies placées en retrait des chemins de la Croix et des Vertes Bornes. Ils avancent et la cavalerie de la Garde impériale suit. Haranguée par le maréchal Ney, isolé de son état-major, elle revient héroïquement cinq fois à la charge! Elle est décimée. La retraite est décidée…

Des rumeurs de trahison circulent. Ce qui reste des lanciers, et Henri Landoy est du nombre, assiste à l'arrivée de Blücher, à la défaite, au dernier combat du carré de la vieille garde. À la nuit tombée, épuisés de fatigue et portés par des chevaux fourbus, ils rejoignent les Quatre-Bras où ils aperçoivent, pour la première fois, l'empereur, vers une heure du matin. Celui-ci se retire par Charleroi.

Le 2e régiment, lors du second retour de Louis XVIII, sera licencié. Henri, rescapé par miracle, rejoint sa femme qu'il emmène à Charleville. Une autre vie commence.

Sophie, qui sera «trompée vingt fois par son mari», lui donnera sept enfants. Deux sont morts-nés. Un troisième n'a pas survécu. Les oncles de Colette, Henri Eugèn et Jules Paulin, dit Paul, verront le jour respectivement en 1816 et en 1823, et une tante, Irma Céleste Désirée, en 1834.

Henri Marie, pratiquant le négoce alimentaire, est souvent absent. Il se lance dans des entreprises hasardeuses avec des fortunes diverses. En 1835, il s'installe à Paris. Et le 12 août, à quarante-trois ans, son épouse donne la vie à Adèle Eugénie Sidonie, l'inoubliable «Sido», la mère de Colette. Sophie meurt, épuisée, en octobre.

Henri Landoy décide alors de se rendre à Bruxelles, pour décourager ses créanciers. Il y vivra jusqu'en 1854. Un choix dicté par la proximité et la similitude de langage. Un autre avantage : en Belgique, il n'y a pas de taxe sur le cacao.

Table des matières

Préface par Jacques De Decker

Première partie : L'emprise des Landoy
I Le grand-père de Colette à Waterloo
II À sept ans, Sido rejoint sa famille à Bruxelles
III Sido et son frère Eugène
IV Un premier mariage à Schaerbeek. Un séjour à Gand.
V L'union des parents de Colette à l'église des Saints-Michel-et-Gudule
VI Sidonie Gabrielle Colette à Bruxelles, à six ans
VII Les cousins belges à Saint-Sauveur-en-Puisaye
VIII Gabrielle épouse Willy. Jules Landoy est témoin
IX Un livre de Raphaël Landoy à Paris, préfacé par Willy
X Le mythe de Claudine. À Bruxelles, pas de censure pour la pièce
XI Colette Willy sort de l'anonymat
XII Les débuts au théâtre et un article pour Antée
XIII Colette dans Pan, de Charles Van Lerberghe
XIV La Chair, un mimodrame avec Georges Wague
XV Claudine à Paris à l'Alcazar de Bruxelles
XVI Claudine à Liège. Colette Willy dans une anthologie belge
XVII L'ouverture des Folies-Bergère, avec Colette Willy et « Mistinguette »
XVIII La Chair à Ostende. Un article sur Bruges. Des notes sur Blankenberge
XIX Sido, une dernière fois dans le pays de son adolescence
XX Une «lune de miel» à Bruxelles et Anvers

Deuxième partie : Les amis belges
I Deux conférences, deux contes et un séjour en Belgique
II Le zoo d'Anvers, source d'inspiration
III Colette scénariste, et critique de cinéma et de théâtre
IV La direction littéraire au Matin, André Baillon et Georges Simenon
V La consécration avec Chéri
VI Colette revient à la scène avec «Léa»
VII «Léa» au Théâtre du Parc
VIII L'Enfant et les Sortilèges au Théâtre de la Monnaie
IX La création de La Vagabonde avec Colette, à Bruxelles
X La fin du roman La Seconde au «Château d'Ardenne»
XI Un retour au zoo d'Anvers pour Paradis terrestres
XII Deux reines, en 1931
XIII Les tournées de «Conférenceetproduits». Verviers, Liège et Bruxelles
XIV La mort d'Anna de Noailles, de «l'Académie royale de Belgique»
XV Le journal Neptune. Le prix Albert 1er
XVI Colette académicienne
XVII Le discours du samedi 4 avril 1936
XVIII Le Palais-Royal pour dernière résidence et l'article de Paris-Soir
XIX Les années de guerre. Nudité. Le souvenir d'Anna de Noailles
XX La reine Élisabeth de Belgique et Colette
XXI Une nouvelle visite de la reine. De la «Kriek Lambic» pour la Noël
XXII La perte de Louis Piérard, l'ami belge très français
XXIII Un texte pour Bruxelles à Jean Stevo
XXIV Les 80 ans de Colette. Une aquarelle de la reine-peintre. Un dernier courrier
XXV Le samedi 7 août 1954, un hommage public de la Belgique à Paris
XXVI Jean Cocteau succède au fauteuil de Colette

Notices bibliographiques

Crédits photographiques

Remerciements