Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
ContactPlan du siteLiens WebPhotographiesActualité

OrganisationCompositionFonds national de la littératurePrix littéraires
PublicationsLe BulletinE-Bibliothèque

 


CATÉGORIES
Anthologies
Bibliographies
Carnets intimes
Cinéma
Correspondances
Essais littéraires
Nouvelles
Philologie et linguistique
Poésie
Romans
Théâtre

CATALOGUE
Recherche par auteur
Recherche par titre

NOUVEAUTÉS
Dernières parutions

COMMANDES
Libraires
Autres

Publications

La légende de la Jeune Belgique
par Raymond Trousson

Raymond Trousson : La légende de la Jeune Belgique

Genre : Essai
Collection : Histoire littéraire / Poche
Format : 11,5 x 18 cm
Nombre de pages : 560 p.
ISBN : 2-8032-0034-1
Date de publication : 2000
Prix : 9,50 €

À propos du livre (extrait de la préface)

Les quatre textes réunis dans cet ouvrage comptent parmi ceux qui ont fait le plus pour fonder la légende de La Jeune Belgique. Ils sont connus, mais depuis longtemps inaccessibles en dehors des grandes bibliothèques.

Les "Quinze années de littérature" d'Iwan Giklin parurent dans le quatorzième volume La Jeune Belgique, en novembre-décembre 1895. Rédigé par l'un des principaux et de premiers acteurs du mouvement, ami de Waller, de Giraud et de Gille, c'est un bilan de l'activité des années écoulées.

Dans "Les origines estudiantines de La Jeune Belgique", conférence faite au théâtre de Louvain le 4 mai 1909 et publiée la même année dans le numéro de juillet-septembre de La Belgique artistique et littéraire, Gilkin concède davantage à l'anecdote, aux souvenirs personnels, raconte la mémorable rencontre de quelques étudiants – Verhaeren, Giraud, Van Arenbergh, Waller… – épris de littérature et résolus à créer une littérature nouvelle.

Né en 1888, Oscar Thiry, frère du poète Marcel Thiry, publie de janvier à décembre 1910 dans La Belgique artistique et littéraire une longue étude intitulée "La Miraculeuse aventure des Jeunes Belgiques", dont le titre seul confirme le caractère déjà légendaire du mouvement. Il n'a d'autre ambition que de proposer un «reportage» en s'aidant des confidences de Gilkin, Mockel, Verhaeren ou Fontainas.

Près d'un demi-siècle a passé depuis la disparition de La Jeune Belgique lorsque Valère Gille, qui n'a rallié la brigade qu'en 1887, entreprend de confier ses lointains souvenirs de dernier témoin.

Tels quels, ces quatre textes constituent des documents précieux qui éclairent l'épisode le plus fameux – le plus légendaire aussi – de notre histoire littéraire.

Lire un extrait

Quinze années!… Qu'il est loin, ce beau jour de printemps, où, à demi couché dans le wagon qui me ramenait, étudiant ambulant que j'étais, de Louvain à Bruxelles, je feuilletais curieusement les premières livraisons d'une petite revue littéraire qui venait de naître. Mon ami Albert Giraud me les avait données, à la sortie du cours, en m'engageant à collaborer. Ils étaient là, éparpillés sur la banquette, dans un chaud rayon de soleil, les petits cahiers bleus, qui portaient ce titre sonore : La Jeune Belgique. Je lisais, je lisais fiévreusement. C'étaient des vers de mes amis Giraud, Rodenbach, Verhaeren, des articles de Max Waller; il y avait aussi foule de signatures inconnues, mais les écrivains étaient tous, m'avait-on dit, de tout jeunes hommes, des étudiants comme moi. Et ils faisaient des vers, de vrais vers!... Enfin! c'était la réalisation de mon rêve de collégien : trouver quelques jeunes gens doués du don d'écrire et faire aveux eux de la littérature, dans ce pays belge si rebelle aux lettres, et fonder ensemble une revue libre de toute attache avec les générations précédentes, trop affreusement philistines, afin de créer un mouvement littéraire original, jeune et indépendant. La revue était là, toute faite; il ne s'agissait plus que d'y écrire.

On écrivit. Avec quelle ardeur, avec quel enthousiasme, avec quel fanatisme, ceux qui prirent part aux débuts de La Jeune Belgique ne l'ont pas oublié et ne l'oublieront jamais. Dès l'abord, il fallut se faire, de haute lutte, une place au soleil. Ce n'était pas facile. On ne se représente plus très bien aujourd'hui, au seuil de l'an de grâce 1896, ce qu'il fallait d'audace et de ténacité pour «faire de la littérature» ici il y a quinze ans. Avant 1880 la Belgique, au point de vue littéraire, était un désert. Trois ou quatre artistes de la plume, Pirmez, De Coster, Lemonnier et Hannon, écrivaient pour eux-mêmes et pour une demi-douzaine d'amis, qui lisaient en se cachant, de peur de se faire montrer au doigt. La «littérature» professionnelle était exercée par des messieurs plus ou moins officiels, qui rédigeaient des choses quelconques : papiers d'archives, dans la semaine, cantates le dimanche. La Jeune Belgique a naguère cité quelques échantillons de la poésie de M. Ch. Potvin, un très estimable lettré qu'on eut le tort de prendre pour un poète.
(extrait de "Quinze années de littérature" d'Iwan Gilkin)

Table des matières

Introduction

Iwan Gilkin : Quinze années de littérature

Iwan Gilkin : Les origines estudiantines de La Jeune Belgique

Oscar Thiry : La miraculeuse aventure des Jeunes Belgiques

Valère Gille : La Jeune Belgique au hasard des souvenirs