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Maeterlinck, l'arpenteur de l'invisible
de Paul Gorceix

Paul Gorceix : Maeterlinck, l'arpenteur de l'invisible

Genre : Essai
Éditeur : En coédition avec Le Cri
Collection : Histoire littéraire
Format : 24 x 15,5 cm
Nombre de pages : 648 p.
Date de publication : Mai 2005
ISBN : 2-87106-368-0
Prix : 28,00 €

À propos du livre

Il est temps de corriger l'image en demi-teintes, assez falote, que l'histoire littéraire a véhiculée trop longtemps du dramaturge belge. Sous l'habit du bourgeois conservateur se cache l'iconoclaste qui fait voler en éclats le système de valeurs traditionnelles, sur lequel s'était fondée la grandeur de la dramaturgie issue de l'humanisme classique. À sa manière, Maeterlinck est un rebelle, qu'il faut ranger à côté de Rimbaud, Lautréamont ou Whitman. Son œuvre est à la fois multiple et une. Dans la diversité des genres qu'il a tour à tour pratiqués – poésie, théâtre, récits et essais – Maeterlinck n'a cessé de se renouveler. En poésie, le choc des métaphores incohérentes dans le poème en vers libres de Serres chaudes contraste violemment avec la simplicité des images et de la mélodie des chansons. Du drame statique de l'informulé et de la mort, il retourne, avec Monna Vanna, au théâtre traditionnel du dialogue et de l'action, qu'il avait contesté auparavant avec tant d'acharnement. À la pensée mystique, inspirée par Ruysbroeck l'Admirable et par Novalis, sur laquelle il avait fondé son premier théâtre, il substitue, dans un second temps, la sagesse d'Emerson et la philosophie de Marc Aurèle, pour se faire ensuite, dans L'Oiseau bleu et Les Fiançailles, l'apologiste des théories néoplatoniciennes et orientales. Quant au brillant prosateur des grands essais sur La Vie des abeilles ou Le Temple enseveli, il évolue vers le laconisme et la discontinuité des fragments.

Ce renouvellement n'est pas le symptôme de ses hésitations. C'est plutôt sa manière de répondre, différemment chaque fois, aux questions cruciales qu'il se pose sur la cause première de la vie et sur le destin. Car, chez Maeterlinck, il ne s'agit jamais seulement d'esthétique. Ses œuvres, qu'il convient de lire comme les étapes de sa recherche, coïncident toujours avec une aventure intérieure d'ordre spirituel, qui relève de la connaissance.

Lire un extrait

«C'est dans le Märchen que je crois pouvoir exprimer le mieux mes dispositions intérieures.» – Novalis

Maeterlinck pourrait tout aussi bien être l'auteur de cet aveu. À en juger d'après le succès mondial de la pièce, on a toute raison de penser que l'esthétique du poète dramaturge a trouvé son application la plus complète, la mieux aboutie, dans L'Oiseau bleu (1909), trois ans après l'échec de Joyzelle. Chez lui, une des singularités de la création, comme on l'a constaté, c'est, depuis La Princesse Maleine, de recourir au conte et à la légende, à maintes reprises, pour porter à la scène sa vision du monde, des êtres et des choses. Sans nul doute, L'Oiseau bleu est l'apogée de sa préférence marquée pour le conte, le genre littéraire le plus décalé par rapport au réel, mais aussi le plus proche des superstitions populaires et de la tradition ésotérique. Pour lui, le conte signifie l'affranchissement des codes imposés par la logique et par la vraisemblance. C'est le dernier espace du libre jeu de l'imagination.

Pourtant, on a quelque peine à imaginer que Maeterlinck se serait livré dans L'Oiseau bleu à un jeu gratuit, sans autre fondement que la fantaisie ou le divertissement. Pour le connaisseur de la cosmogonie du romantisme, le Märchen, que l'auteur traduit en toute connaissance de cause par «conte symbolique», s'il est une féerie libérée des lois de la pensée, est avant tout le document de sa conception de l'univers. Il correspond à la vision originelle d'un cosmos primitif où l'esprit et la matière, le visible et l'invisible étaient mêlés et où les contraires entre les différents signes de la nature étaient absents. La féerie est une autre manière d'aborder, avec distance et sur le ton de l'ironie, les problèmes fondamentaux, qui ont nourri son oeuvre dramatique et sa réflexion : le mystère de l'existence, le secret du bonheur et la mort. À qui en douterait, la réflexion que Maeterlinck fit à son illustrateur et mai Charles Doudelet laisse entendre que L'Oiseau bleu n'est pas seulement une féerie à grand spectacle dans l'esprit de son créateur : «Cet Oiseau qui n'a l'air de rien, est en réalité plus difficile à traduire qu'une page de philosophie.» Avertissement aux sceptiques et aux rationalistes qui y verraient la leçon de Candide!

(Extrait du chapitre : Le conte à la scène. L'Oiseau bleu et Les Fiançailles.)

Table des matières

Avant-propos
Introduction

Les étapes d'un parcours

Mise en perspective – Les années 1885-1890

De nouvelles valeurs esthétiques
   Les grands initiateurs
      Ruysbroek l'admirable : une «illumination»
      Novalis ou la découverte du sens mystique du langage (1889-1890)
      Emerson : sagesse, âme et vie supérieure

Le poète et le conteur
   Serres chaudes
   Les visions typhoïdes
   La chanson
   Le conte

Le théâtre
   Les fondations esthétiques de la dramaturgie maeterlinckienne
   Les pièces de théâtre
   Le conte à la scène
   Vers d'autres sources d'inspiration
   Le théâtre de guerre
   Un surprenant attrait pour la farce
   Pièces publiées dans Les OEuvres libres
   Le théâtre inédit
   Autres pièces

Les essais
   L'essai dans l'évolution de l'écrivain
      La continuité d'une pensée
      Une philosophie de l'inconscient
      Le regard vers les philosophies de l'orient
      Le monde animal et végétal
      Les essais et la forme fragmentaire

En guise de conclusion

Bibliographie
Index des noms cités