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Médecinaire liégeois du XIIIe siècle et médecinaire namurois du XVe (manuscrits 815 et 2769 de Darmstadt)
de Jean Haust

Jean Haust - Médecinaire liégeois du XIIIe siècle et médecinaire namurois du XVe (manuscrits 815 et 2769 de Darmstadt)

Genre : Philologie et linguistique
Format : 16,5 x 25,5 cm
Nombre de pages : 215 p.
Date de publication : 1941
Prix : 12,40 €

À propos du livre (texte de l'Avant-propos)

L'abbaye de Saint-Jacques, fondée à Liège en 1016 par l'évêque Baldéric, fut longtemps un foyer de ferveur religieuse et de labeur studieux. Sa bibliothèque comptait parmi les plus riches de la Principauté liégeoise.

Au XVIIIe siècle, les moines de Saint-Jacques per-dirent les goûts intellectuels qui avaient fait l'honneur constant de leur monastère. Fatigués de la vie claustrale, les religieux sollicitèrent leur sécularisation; ils l'obtinrent le 15 juin 1785. Trois ans plus tard, ils mirent en vente leur précieuse bibliothèque : près de 600 manuscrits et plus de 1300 volumes imprimés. Il avait fallu sept siècles pour former ce trésor; treize jours suffirent à le disperser. «Le soir du mardi 18 mars 1788, les portes se refermèrent sur les murs désolés du monastère : les moines étaient partis, les livres étaient enlevés. Ainsi finit une bibliothèque; ainsi s'écroule un glorieux passé.»

Le baron de Hüpsch, de Cologne, avait acheté à cette vente plusieurs manuscrits. A sa mort, le 1er janvier 1805, il les légua à la Bibliothèque grand-ducale de Darmstadt, où ils sont conservés depuis lors.

Deux de ces volumes, recueils factices cotés 815 et 2769, contiennent des textes en langue vulgaire. Il s'agit, en majeure partie, de ces collections informes de recettes médicales que le moyen âge appelait médicinaires, réceptaires ou antidotaires. Leur valeur littéraire est nulle. Mais, pour l'histoire de la langue, les textes d'ordre scientifique ont une importance considérable. Citons, à ce propos, l'avis d'un grand romaniste qui s'est occupé spécialement de la question :

«Les recettes médicales en langue vulgaire, que l'on rencontre, soit groupées en recueils, soit éparses dans un grand nombre de manuscrits du moyen âge, offrent un vif intérêt non pas seulement pour la médecine, mais aussi pour la lexicographie. On y trouve quantité de mots, principalement des noms de plantes, que nos dictionnaires de l'ancien français ou de l'ancien provençal n'ont pas relevés ou qu'ils interprètent d'une façon vague. Un jour, sans doute, il se trouvera un érudit assez versé dans la bibliographie médicale du moyen âge et dans la connaissance de la philologie romane pour nous donner de toutes ces recettes une collection bien classée et pourvue de bonnes tables, mais ce jour n'est pas encore arrivé. Le dépouillement des manuscrits n'est pas assez avancé, et les recueils latins, imprimés ou manuscrits, qui sans doute fourniraient les originaux de beaucoup de recettes en langue vulgaire, ne sont pas suffisamment connus. Pour le moment, on doit se contenter de publications partielles… Il en existe déjà un certain nombre, qui sont autant de travaux préparatoires en vue du recueil général qui rendrait de si grands services aux études romanes…»

Depuis trente-cinq ans que ces lignes sont écrites, le voeu de Paul Meyer ne semble pas encore près de se réaliser. On ne possède même pas une bibliographie de cette «littérature médicale» du moyen âge.

Le texte roman du ms 815 fait l'objet principal du présent travail. Il a été signalé en 1891 par un érudit allemand, F. W. E. Roth, et aussi par M. Wilmotte, lequel annonçait dès lors son intention de le publier. D'autres travaux l'en ayant détourné, M. Wilmotte nous a proposé de reprendre le projet d'édition et nous a communiqué une copie qu'il avait prise jadis, lors d'un séjour à Darmstadt.

Malgré les difficultés de la tâche, nous n'avons pas cru pouvoir nous y dérober. En effet, le texte, qui a été probablement écrit au pays de Liège dans la seconde moitié du XIIIe siècle, offre une valeur considérable, surtout pour le dialecte régional. Jusqu'ici la connaissance de l'ancien wallon se fondait principalement sur des chroniques, des pièces d'archives, quelques oeuvres à prétention littéraire : le vocabulaire si important de la vie courante n'intervient guère dans ces écrits. Or il est assez bien représenté dans le ms 815 qui, de plus, intéresse l'histoire de la médecine, de la botanique, des croyances et des pratiques superstitieuses. Il convient que quelqu'un se dévoue pour le mettre au jour, – même si l'éditeur, comme c'est le cas présent, connaît mieux les dialectes modernes que la langue ancienne ou que les littératures médicale, botanique et onirocritique. On voudra bien tenir compte de notre bonne volonté. Si nous avons pu résoudre les principales difficultés, il reste plusieurs mots ou passages corrompus, que le scribe a dû copier sans y rien comprendre lui-même. Ils seront signalés dans les notes critiques, dans le commentaire et dans le glossaire.

L'autre texte (ms 2769) date du XVe siècle et contient près de 200 recettes de médecine. Il est moins important et appartient à la région namuroise. Nous l'éditons, beaucoup plus sommairement, à la fin de ce volume.

Il va de soi que nous avons tenu à voir les deux manuscrits. La Direction de la Hessische Landesbibliothek de Darmstadt — que nous remercions vivement pour son obligeance a bien voulu nous les prêter tout le temps nécessaire. Nous avons pu les étudier à loisir et les faire photographier.
Lire un extrait

1. LE MANUSCRIT 815 DE DARMSTADT

C'est un manuscrit sur parchemin, 21 X 12, avec reliure du XVIIIe siècle. Recueil factice de codices du XIIe au XIVe siècle, la plupart traitant des sujets théologiques en latin. La langue vulgaire n'apparaît qu'au fo 40 r et dans le codex final, qui est notre «Médicinaire».

La mention d'origine figure quatre fois à l'intérieur : (fo 1 r) Liber Sancti Jacobi in insula Leodii. -- (1 v) Liber monasterii Sancti Jacobi Leodicnsis. — (2 r, 101 r) Liber Sancti Jacobi Leodiensis.

Le fo 2 r porte le chiffre E 53 cancellé et, en dessous, le chiffre B 66, qui est reproduit également au dos de la reliure. Ce sont les anciennes cotes du volume à Saint-Jacques.

L'ensemble comprend 176 feuillets avec numérotation moderne au crayon. Une foliotation ancienne en chiffres romains commence au verso du deuxième feuillet ; le premier feuillet a donc été ajouté lors de la seconde reliure. Il importe de noter que l'ancienne foliotation se continue jusqu'à la fin. Ce fait prouve que la confection du recueil factice remonte très haut (avant l'an 1400 ?) et que, dès l'origine, à des textes de haute science sacrée et profane, on avait daigné joindre notre codex en langue vulgaire.

Roth, 1. L, a donné du 815 une analyse très sommaire. Ce n'est pas ici le lieu de décrire les traités latins du recueil : le tout a d'ailleurs été photographié par nos soins et déposé à la bibliothèque de l'Université de Liège. Citons seulement : (fo 56 r-97 v) Extracta de Summa Sancti Thome de Akino, a nonno Wuillelmo de Votemia [non Vocemia : Roth], priore hujus monasterii et manu ejus scripta.
Table des matières

Avant-Propos

Abréviations

Introduction

1 Le manuscrit 815 de Darmstadt

2. Le folio 40 r

3. Le Médicinaire liégeois du ms 815.
I. — Généralités
II. — Graphie et Phonétique (§ 1-72)
III. — Morphologie et Syntaxe (§ 73-104)
IV. — Vocabulaire (§ 105-109)
V. — Le Médicinaire proprement dit (§ 110-118)
VI. — Les Songes (§ 119-122)
VII. — Les Lunes (§ 123-125)
VIII. — Les XII vendredis de jeune (§ 126-128)

Fac-similé du fo 161 r

Texte et notes critiques

Commentaire

Index des noms propres

Glossaire

APPENDICE
Médecinaire namurois du XVe siècle (ms 2769 de Darmstadt)
Introduction
Texte
Notes
Glossaire