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Gueule-Rouge
de Marius Renard

Marius Renard : Gueule-Rouge

Genre : Roman
Collection : Histoire littéraire / Poche
Format : 11,5 x 18 cm
Nombre de pages : 380 p.
Date de publication : 1998
ISBN : 2-8032-0027-9
Prix : 9,50 €
Préface de Paul Delsemme

À propos du livre (extrait de la Préface)

Homme politique de premier plan, actif aux trois niveaux du pouvoir (la commune, la province, le Parlement), Marius Renard n'a pu donner à son œuvre littéraire que le temps de ses loisirs. De cette œuvre littéraire, les romans et les contes ne constituent qu'une partie, mais c'est, de toute évidence, la plus intéressante, la plus vivante, par sa variété, sa vigueur et son adaptation, durant un demi-siècle, à l'évolution des mœurs et de l'écriture.

Hélas ! de Marius Renard romancier et conteur, plus rien ne figure en librairie. Il se disait depuis longtemps qu'une œuvre, au moins, devait échapper à ce naufrage, Gueule-Rouge, document historique et document littéraire, constat d'une situation sociale révolue et manifestation d'un naturalisme dur que renforce une écriture bigarrée, agressive en soi.

À ces deux bonnes raisons, une troisième est venue s'ajouter, il n'y a guère. Alors que les charbonnages, dans nos régions, se sont fermés l'un après l'autre et sont donc sortis de notre horizon, ils demeurent dans l'imaginaire collectif et leur univers souterrain inspire au grand public une curiosité soutenue, patente (…).

(…) Lire Gueule-Rouge c'est prendre conscience du combat qui oppose les gras aux maigres, un peu moins aujourd'hui qu'hier en Occident, mais ailleurs de manière toujours aussi implacable.

Lire Gueule-Rouge, c'est mesurer le progrès social dont jouissent maintenant les peuples avancés et, en même temps, c'est ressentir combien ce progrès est menacé aux époques de crise, lorsque le capital cherche à reprendre ce qu'il a dû concéder.

Lire Gueule-Rouge, c'est rendre hommage à la littérature prolétarienne de langue française en Belgique. Elle est courageuse et originale. Marius Renard fut l'un de ses précurseurs.

Lire un extrait

Le coron de Moretout était bâti à la toupette d'une butte, quatre hectares de terre en plateau, que limitaient un pavé d'État, une drève accédant au village, des sentiers. C'était autour d'une fosse abandonnée, Cent-Piquots, que la gérance de Petites Forbechies, la puissante société minière voisine, avait érigé la bourgade.

Tous semblables, ouvrés de briques, sans badigeon et de pierrailles, pourvus d'un seul étage et d'une toiture de tuiles rouges, avec leurs fenêtres aux vitres encrassées, leurs volets battant les murs, leurs cheminées aux faîtes s'effritant, devant leurs misérables jardinets clos de palissades et de haies, les cinquante habitacles s'épaulaient les uns sur les autres en deux rangées branlantes, sordides, vrais taudis de gueux, suant la détresse des nichées de pâtiras qu'ils abritaient. Par-dessus, l'ancienne houillère, transformée en hôpital, profilait sa massive structure de caserne. Il ne restait que le bâtiment principal, une énorme construction à deux étages, percée de larges baies. Autour, des herbes avaient germé dans les fissures des pavés, toute une parasite floraison qui tapissait de mousse les trottoirs envahis. On avait fait du «dammage» un jardin spacieux, clôturé de massifs d'arbustes, une sorte de verger couvert d'une herbe jaune, poussant mal sur le terrain poussiéreux et planté de malingres pommiers.

Moretout était érigé à l'orée du pays des mines, du côté de lest, et une route d'État le séparait de la plaine agricole. Les campagnes avaient d'abord une fuite brusque, se creusaient en vallonnement pour cacher parmi des saulaies la petite ville de Sainte-Fayan. Par-dessus la ligne ocreuse des terres, deux ou trois toitures rouges, un clocher, quelques cheminées d'usines émergeaient des taches de verdure. Ensuite un coteau s'accentuait et des champs couvraient la montagnette, jalonnées de hameaux, de corons, de censes, coupés de drèves, çà et là, de route et de riviérettes le long de files de peupliers. De grêles ossatures de végétations, des sapinières, tachaient les lavis plus pâles des champs et des prés, vers la cime de la butte ; trois moulins à l'orée de bourgades battaient l'air de leurs bras gourds et des chaumines escaladaient la pente jusqu'à la longue bande sombre des bois, qui barrait le ciel.

Table des matières

Préface : Une réécriture de Germinal

Gueule-Rouge, roman naturaliste de mœurs ouvrières

Bibliographie