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Les Gueux de mer
de Henri Moke

Henri Moke : Les Gueux de mer

Genre : Roman
Collection : Histoire littéraire / Poche
Format : 11,5 x 18 cm
Nombre de pages : 443 p.
Date de publication : 2001
Prix : 9,50 €
ISBN : 2-8032-0042-2
Introduction de Raymond Trousson
Préface de Henri Moke

À propos du livre (texte de la Préface de Henri Moke)

«Cet ouvrage a été composé dans le but d'offrir aux lecteurs le tableau fidèle d'une époque glorieuse pour la Belgique. On a voulu rappeler à ceux qui connaissent l'histoire de notre patrie, et montrer à ceux qui l'ignorent, quel fut l'excès de l'oppression sous laquelle un gouvernement étranger fit gémir ces malheureuses provinces; comment nos ancêtres surent défendre leurs droits; et par quel mélange extraordinaire de génie, de persévérance, de courage et de vertu, un homme, auquel nul autre encore n'a pu être justement comparé, donna la liberté à une partie des Pays-Bas et rendit moins insupportable le joug qui pesait sur l'autre.

On a emprunté le cadre du roman : non que l'on méconnût les inconvénients qui résultent de cet assemblage de la fiction et de la vérité, mais parce qu'en se renfermant dans les bornes étroites de l'histoire on eût rencontré des difficultés beaucoup plus grandes et obtenu, peut-être, moins de lecteurs.

On ose assurer que l'on s'est conformé scrupuleusement à la vérité, ou du moins à la probabilité historique, toutes les fois que l'on a mis en scène de grands personnages. Les notes placées de distance en distance justifient les expressions les plus singulières et les anecdotes les plus remarquables ; il eût été facile de les multiplier, mais on a été retenu par la crainte de fatiguer le lecteur en détournant son attention, à trop de reprises, de l'action principale.

Il a fallu donner aux différents personnages l'esprit de leur siècle, et l'on n'a pu se dispenser de rappeler quelquefois des excès désavoués maintenant de tous les partis; mais on n'a voulu aigrir aucune susceptibilité, et l'on a saisi, avec autant d'empressement que de franchise, l'occasion de rendre justice aux hommes vertueux de toutes les opinions et de toutes les croyances.»

Lire un extrait

Pendant les premières années du règne de Philippe II vivait à Bruges un vieux gentilhomme flamand, issu d'un sang illustre, et possesseur d'une fortune immense. C'était Jean de Bruges, seigneur de Gruthuysen. Longtemps, il avait signalé sa valeur dans la carrière des armes; et plus d'une fois, dans la guerre d'Allemagne, il avait tiré du péril l'empereur Charles-Quint et son fameux général Ferdinand Alvarès de Tolède, duc d'Albe. Mais quand ses cheveux commencèrent à blanchir, et qu'il eut vu le dernier de ses enfants, Gildolphe de Bruges, mourir sur un champ de bataille de la mort des héros, il déposa son armure, et revint dans sa patrie consacrer ses dernières années à l'éducation de son petit-fils; Louis de Winchestre, seul rejeton de l'antique race des Gruthuysen.

À la même époque, le comte de Waldeghem, brave officier qui avait accompagné de vieillard dans presque toutes ses campagnes, perdit son épouse, et le chagrin qu'il conçut de cette perte le détermina à quitter un pays où tout lui rappelait celle qu'il avait tant aimée. Il prit donc la résolution de faire le voyage d'Espagne et avant de partir il confia à la protection du seigneur de Gruthuyzen sa fille Marguerite, dont la naissance avait coûté la vie à sa mère. Jean de Bruges avait reçu avec joie ce dépôt précieux : les deux enfant furent élevés ensemble, et ils devinrent presque également chers au vieux gentilhomme.

Déjà cependant grondait l'orage qui devait bientôt éclater sur les Pays-Bas. L'hérésie de Luther et de Calvin faisait des progrès rapides, tandis que le roi Philippe empiétait chaque jour sur les droits de la nation et préparait de longue main l'établissement de l'Inquisition et du pouvoir absolu. Fidèle à l'exemple de ses aïeux, le seigneur de Gruthuyzen resta également attaché à la foi catholique et aux privilèges de la Flandre : il inspira aux enfants qu'il avait voulu élever lui-même une piété douce et bienveillante, un patriotisme sans exagération; et ses leçons fortifiées par ses exemples firent germer toutes les vertus dans leurs jeunes cœurs.

Table des matières

Introduction de Raymond Trousson

Préface de Henri Moke

Les Gueux de Mer