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Théâtre
de Franz Hellens

Franz Hellens : Théâtre

Genre : Théâtre
Collection : Poésie Théâtre / Poche
Format : 11,5 x 18 cm
Nombre de pages : 505 p.
Date de publication : 1992
Prix : 9,50 €
Préface de Robert Frickx

À propos du livre

Les Notes prises d'une lucarne sont le produit d'un exercice quotidien qu'Hellens s'est imposé durant l'année 1917. On retrouve, dans ces textes en prose, d'une admirable sobriété, le reflet de la mutation que, sous l'influence de la lumière du Midi et des peintres qu'il fréquente alors (Matisse, Archipenko, Modigliani, André Lhote), l'art du poète subit après 1915.

Quant au Petit théâtre aux chandelles, composé vers la même époque, il dénote un art très sûr de la scène, qui se concrétise notamment dans un mélange subtil d'érotisme, de légèreté et de cruauté. Mariant le badinage au cynisme, le théâtre d'Hellens fait penser tantôt à Marivaux, tantôt à Musset, mais il s'écarte de ce modèles dans certaines pièces qui, tel Massacrons les innocents, annonce l'univers baroque de Ghelderode.

Lire un extrait

Embrassez-vous, mes enfants
Pièce bouffonne en un acte

Personnages : Tante Catherine, Mélanie, la cuisinière, Jacques, Angèle.

(Un salon bourgeois chez Tante Catherine. Porte à droite. Dans le fond, petite fenêtre donnant sur un couloir, garnie de rideaux à l'extérieur. Tante Catherine, longue, maigre, la tête couverte d'un bonnet blanc. Mélanie, grasse, assez courte, cheveux roux.)

Scène I

[Tante Catherine, Mélanie].

Tante Catherine (occupée à un ouvrage de main. Voix aiguë). – Je me demande ce que nous pourrions leur servir à dîner. Je dis «leur», c'est bien naturel. Je connais les goûts de notre jeune Angèle. S'il ne s'agissait que d'elle, nous n'aurions pas besoin de nous consulter. Mais lui, c'est autre chose, il n'est jamais entré dans cette maison, je ne sais ce qu'il aime. Il se pourrait fort bien par exemple, qu'il déteste le mouton et notre jeune Angèle en est folle. Je veux à tout prix éviter un malentendu. Je veux que notre chère nièce et son cousin Jacques, dès le premier soir, ne puissent rencontrer le moindre sujet de désaccord. Comprends-tu, Mélanie? Ce sont deux enfants. Il faut les cajoler.

Mélanie (elle parle d'une grosse voix rauque). – À quelle heure c'est-il décidé que Monsieur Jacques arrivera?

Tante Catherine. – Au train de sept heures. La gare est près d'ici; à sept heures cinq il tirera la sonnette.

Mélanie. – Il est six heures battant à l'horloge de ma cuisine. Le dîner est à sept heures, on pourrait exceptionnellement le retarder d'une demi-heure. Mademoiselle a un quart d'heure pour réfléchir.

Tante Catherine. – Mais, Mélanie, je t'interroge.

Mélanie. – Dame, est-ce que je sais moi si Monsieur Jacques préfère le veau ou le mouton? Je possède l'un et l'autre dans mon frigo. Décidez vous-même.

Table des matières

Préface de Robert Frickx

Notes prises d'une lucarne

Petit théâtre aux chandelles