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Avoir connu San Franciso et autres poèmes
de Marcel Thiry

Philippe Jones : Poésie (1944-2004)

Genre : Poésie
Éditeur : En partenariat avec les éditions Ercée
Format : 12,5 x 16,5 cm
Nombre de pages : 96 p.
Date de publication : 2008
ISBN : 9782871450122
Prix : 10,00 €
Avant-lire de Lise Thiry

À propos du livre

Trente-trois poèmes et un épilogue mettent en lumière les thèmes qui ont charpenté l'œuvre de Marcel Thiry (1897-1977) : le brusque tour du monde effectué comme soldat entre 1915 et 1918, l'envoûtement persistant pour le voyage et les villes étrangères, le double métier d'homme de lettres et de marchand de bois, l'amour platonique, érotique ou fantaisiste, la révolte contre les absurdités de la guerre et l'inéluctable passage du temps. Alexandrins, octosyllabes, vers impairs… la minutieuse prosodie de Marcel Thiry réinvente le classicisme, avec des accents d'humour inattendus. Avocat, commerçant, sénateur wallon, diplomate devenu secrétaire perpétuel de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, l'homme curieux Marcel Thiry fut, selon son expression, un insatiable client de la vie.

Lire un extrait

Avoir connu San Francisco,
Avoir connu comme Carco
Les nobles filles crapuleuses,

Avoir vu dans Pernambuco
Les grands catalpas tropicaux
Régner mauves sur les pelouses,

(Ou si n'avoir pas vu ceci
Avoir vu des choses aussi
Tropicales ou du moins presque,)

Et n'être plus que cet assis
À mettre en vers les vieux récits
Presque authentiques de ses frasques.

Table des matières

Avant-lire, par Lise Thiry

PREMIÈRE PARTIE
J'ai connu un beau tramway blanc
Ne pars pas encore. Cultive
Au pays sans danger des femmes à vélo
Je me souviens encor de vos rouges falaises
Décembre est doux
Sur le pont supérieur étaient les Défendues
Poseurs de rails qui mettons bout à bout
Un soldat très doux, à la tête trépanée
Nous qui avons semelles de silence
Tu tiens l'atlas ouvert sur tes genoux

DEUXIÈME PARTIE
Avoir connu San Francisco
Tous les grands ports ont des jardins zoologiques
Asie au nom de maladie
Tu peins en bleu des chameaux délicats
Toi qui pâlis au nom de Vancouver
Parce qu'un remorqueur brame devant l'écluse
La poésie de la rue calme
L'ange À-quoi-bon descend quelquefois
Il marche dans la ville, il s'arrête aux librairies
Robinson monte au ciel avec son doux bagage

TROISIÈME PARTIE
Je traduis ce matin le jugement de Zwolle
À Gorinchem
Toi qui as une enfant malade à Ostende
Changé en usine à penser des choses tristes
La Mer de la Tranquillité est dans la lune
Es-tu là, poésie, incertaine gypsie secrète
J'aime en raison de toi le peuple des tramways
Mais au creux le plus haut de l'à-pic
Ce qu'on apprend par ton corps en dansant
De tes yeux doux comme le mot dégel
Le grand cheval que vous chevauchiez
J'ai toujours confondu dans un même mystère
Ne dis pas que tu n'as rien appris

ÉPIOLOGUE
Tous les arbres que j'ai tués