Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
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Composition


Yves Namur
Yves Namur / Photo © Jean-Luc Lossignol, ARLLFB Membre belge littéraire
Élu le 8 décembre 2001
Prédécesseur : Georges Sion
Fauteuil 25
BIOGRAPHIE

Né au bord d'un bras de Sambre, à Morimont, non loin de Namur, le 13 juillet 1952, Yves Namur achève ses études secondaires au petit séminaire de Floreffe à dix-sept ans, conquiert son diplôme de médecin à vingt-quatre. Il a déjà, à ce moment, lu depuis longtemps les présocratiques, au point que ses condisciples l'ont surnommé Empédocle. Et dans les auditoires de l'UCL, il s'est fait d'emblée un ami, futur confrère et académicien : François Emmanuel. C'est le temps d'autres rencontres initiales et décisives : Jacques Izoard, Cécile et André Miguel, Marie Gevers qui l'invite maintes fois au domaine de Missembourg.

L'Académie l'a repéré très tôt, puisqu'elle lui décerne dès 1974 son premier prix Lockem, réservé aux poètes de moins d'un quart de siècle. Quelques années avant que le docteur Namur commence sa pratique, le poète Yves Namur avait entamé son itinéraire, où Liliane Wouters a vu un parcours initiatique. L'œuvre de Namur, pour qui veut la prendre en considération globalement, est souvent mise en rapport avec les philosophes d'Elée, ou les sages orientaux, et si l'on cite fréquemment Jabès ou Juarroz à son propos, c'est qu'ils s'inscrivent dans un même courant. La quête de ce travail poétique, Jean-Claude Renard en voyait le but en un «lieu où s'allient le sacré et le profane, le yin et le yang, la Question, la Réponse et la Non-Réponse et où les antinomies sont dépassées tout en préservant le pourquoi fondamental du commencement sans commencement et de la fin sans fin».

Dès ses débuts, qui pourtant se situent peu après 1968, où le spiritualisme en poésie suscite la méfiance, où le lyrisme est mal perçu, où l'expérimentalisme sévit d'abondance, Namur se pose en franc-tireur. Sa visée? Concilier économie verbale et densité. Bernard Noël apprécie sa façon de découdre «la langue des faussetés qu'on lui fait d'ordinaire envelopper sous prétexte de poésie».

Ce qui pourrait buter sur le laconisme prend de plus en plus d'ampleur, la rigueur n'exclut pas la musicalité, la métaphysique de fait pas obstacle au poétique. Poétique qui recourt à des métaphores volontiers végétales, à une langue d'une simplicité de parabole. La répétition progresse en spirale, qui ose creuser jusqu'à l'abîme.

Le livre des sept portes lui vaut, en 1992, le prix Jean Malrieu : c'est l'occasion de rencontrer à Marseille Roberto Juarroz qui est le lauréat étranger de la même distinction : ce sera le point de départ d'une amitié littéraire jalonnée de nombreuses rencontres à Buenos Aires. Le même texte va inspirer au musicien Lucien Gurinel un oratorio pour double chœur.

L'œuvre de Namur est de plus en plus reconnue. Ses Figures du très obscur lui valent en l'an 2000 les Prix Robert Goffin et Louise Labé ainsi que d'être primé par les lecteurs aux Journées Antonin Artaud à Rodez. L'auteur d'un tel recueil ou du Livre des apparences pourrait paraître voué à l'abstraction, au maniement exclusif d'une plume sacrée. C'est négliger le grand vivant qu'il est, le fin gastronome qu'il n'oublie pas d'être, et qui transparaît dans La petite cuisine bleue.

Le poète exigeant, le célébrant de la vie est aussi un homme d'action, doublé d'un inlassable découvreur, ce qui se perçoit dans son travail d'anthologiste, mené parfois en tandem avec Liliane Wouters, comme dans Un siècle de femmes qui rassemble la poésie féminine du vingtième siècle en Belgique et au Luxembourg.

Ce travail de défricheur et de conservateur, il le fait avant tout à la tête des éditions du Taillis Pré qu'il anime depuis 1984. Le plus remarquable, dans cette maison qui s'impose comme l'une des cellules d'animation poétique les plus actives en Belgique, est qu'elle veut à la fois relayer des écrivains de sa communauté, et s'ouvrir largement au monde : on y publie de la poésie d'Amérique du Nord et du Sud, de partout en Europe.



BIBLIOGRAPHIE

Soleil à l'échafaud, poèmes, Virton, La Dryade, 1971.

Sur le sable, le poignard, poèmes, 1972, hors commerce.

Aux champs des écoliers, essai, Bruxelles, Pierre Rochette, 1973.

Meule de pierre, poèmes, Liège, Atelier la Soif étanche, 1975.

De mémoire inférieure, poèmes, Corbigny, Art et Poésie, 1975.

Papier journal pour myope et saxophone, poèmes, Chaillé-sous-les-Ormeaux, Le Dé bleu, 1975.

Lampes/Langue du borgne, poèmes, Liège, Atelier la Soif étanche, 1976.

Des ossements, poèmes, avec une préface d'André Miguel, Liège, Atelier la Soif étanche, 1976.

À l'entre-deux, poèmes, Awan-Aywaille, Fond de la Ville, 1977, gravures de Christian Bizeul.

Le Toucher, le poème, poèmes, La Souterraine (Creuse), La Main courante, 1984, dessin de Gilbert Laloux.

Le Voyage, l'obscène, poèmes, Amay, L'Arbre à paroles, 1984, sept dessins de Cécile Miguel.

Saint-Aubin-de-Luigné, un village en Anjou, ses vins, ses vieilles demeures, essai, Tournai, Académie du goût et de l'esprit culinaire, 1986.

L'auberge à manger le temps, poèmes gourmands, Tournai, Académie du goût et de l'esprit culinaire, 1987, interventions graphiques de Yolande Damien.

L'Amante, nouvelles, L'Impatiente, La Ferté-Milon, 1990.

Fragments traversés en quelques nuits d'arbres et confuses, poèmes, La Souterraine (Creuse), La Main courante, 1990, intervention graphique de Rémy Pénard.

Fourrures de fourmis, poèmes, La Ferté-Milon, L'Impatiente, 1990.

Ce long bavardage, poèmes, Amay, L'Arbre à paroles, 1990.

Le Voyage en amont de ( ) vide, poèmes, Amay, L'Arbre à paroles, 1990 (rééd. Mons, Talus d'approche, 1995).

L'Oiseau et l'effacement du jour, poèmes, Valenciennes, Cahiers Froissart, 1990.

Trente-trois poèmes pour une petite cuisine bleue, poèmes, La Ferté-Milon, L'Arbre, 1991.

La Parole oubliée, poèmes, Paris, Le Charbon blanc, 1991.

Lettres à une autre, poèmes, Paris, La Bruyère, 1991.

De fines bandelettes ou le domaine de l'oiseleur, poèmes, Paris, Le Charbon blanc, 1991.

Fragments de l'inachevée, poèmes, Bruxelles, Les Éperonniers, 1992.

Le Livre des sept portes, poèmes, Paris, Lettres vives, 1994.

Le regard est le nom de l'arbre ou le poème, poèmes, Paris, Les Moires, 1996.

Poésie française de Belgique, une lecture des poètes nés après 1945, anthologie, choix et présentation d'Yves Namur, Marseille, Sud, 1996.

Une parole dans les failles, poèmes, Luxembourg, Phi, 1997, dix dessins de Jean-Yves Bocher.

Sept figures d'une répétition, poèmes, édition bibliophile, Aux dépens de l'artiste, Colfontaine, 1998, huit interventions graphiques de Nadine Fiévet.

Figures du très obscur, poèmes, Luxembourg/Québec, Phi/Écrits des Forges, 2000, sept encres de Gabriel Belgeonne.

À l'épreuve de la lumière, poèmes, édition bibliophile, Paris, La Séranne, 2000, sept peintures originales de Jean-Luc Herman.

Le siècle des femmes, anthologie avec Liliane Wouters, Bruxelles/Luxembourg, Les Éperonniers (coll. ­Passé-Présent») / Phi, 2000.

Le Livre des apparences, poèmes, Paris, Lettres Vives, 2001.

La Petite Cuisine bleue, poèmes, Luxembourg/Québec, Phi/Écrits des Forges, 2002, des illustrations de Claire Lesbros.

L'Immobilité verte, poèmes, édition bibliophile, Paris, Le Zéphyr, 2002, dix sérigraphies de Jean-Luc Herman.

Le Regard de l'éclaircie, poèmes, édition bibliophile, Paris, Vice-Versa, 2002, peintures de Jean-Pierre Thomas.

Sept poèmes de l'encore voilé, poèmes calligraphiés par Brigitte Chardome, édition bibliophile, Court-Saint-Étienne, 2002.

Demeures du silence, poèmes, en collaboration avec Jean Royer, Écrits des Forges/Phi, Québec/Esch-sur-Alzette, 2003.

Les Ennuagements du cœur, sept poèmes calligraphiés par Brigitte Chardome, édition bibliophile, Court-Saint-Etienne, 2003.

Cette part de l'encore voilé, poèmes, Laon, La Porte, 2003.

Sept pas dans la lumière, poèmes, Bruxelles, Éditions Aesth, 2003.

Les Ennuagements du cœur, poèmes, Paris, Éditions Lettres Vives, 2004.

Aujourd'hui, ne parlant qu'au seul vert, poème, éditions bibliophile, Paris, Éditions Transignum, 2005, cinq interventions de Bénédicte Plaige.

Les Ennuagements du cœur, sept poèmes, édition bibliophile, Paris, 2005, sept sérigraphies originales de Jean-Luc Herman.

Un manteau de pluie, poèmes, édition bibliophile, Paris, 2006, calligraphies et interventions plastiques de Brigitte Chardome.



E-BIBLIOTHÈQUE

De la table à l'écrit, petit traité des gourmandises littéraires : I. Du sanglier de Trimalcion au pot-au-feu de Dodin-Bouffant (PDF 100Ko)
Communication à la séance mensuelle du 8 juin 2002

De la table à l'écrit, petit traité des gourmandises littéraires : II. Du bar de Marcel Thiry à la barbue de Marcel Proust, précédé d'un émincé Palmeira à la façon Owen (PDF 76Ko)
Communication à la séance mensuelle du 12 juin 2004

Paul Celan et notre quête de l'identité (PDF 106Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 février 2007

Ernest Delève, un poète dans la secrète évidence (PDF 92Ko)
Communication à la séance mensuelle du 9 mai 2009

La nouvelle poésie française de Belgique. Réflexions autour d'une publication récente (PDF 104Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 octobre 2009

De la table à l’écrit, petit traité des gourmandises littéraires (III). Dodin-Bouffant et son double chinois (PDF 69Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 décembre 2011

Roberto Juarroz, entre réalité et verticalité (PDF 68Ko)
Communication à la séance mensuelle du 13 avril 2013

À la table de Jean Follain (PDF 73Ko)
Communication à la séance mensuelle du 14 décembre 2013



DISCOURS DE RÉCEPTION (séance publique du 1er mars 2003)

Discours de Liliane Wouters (PDF 102Ko)

Discours d'Yves Namur (PDF 96Ko)